Les ingrédients d'un petit home-studio
On parle d'un "home studio" un ensemble d'appareils qui permettent
de composer et enregistrer une musique.
En général, une pièce entière est dédiée pour un
« studio » mais celui-ci peut se réduire à quelques mètres carrés
dans un salon ou dans une chambre.
Il faut principalement des générateurs de sons (synthés, guitare
MIDI, expandeurs, etc..), de préférence des appareils d’effet (chambre
d’écho, égaliseur) et d’enregistrement (table de mixage, compresseurs,
magnétophone à bande ou numérique), et un séquenceur, ce dernier
sera décrit dans la suite car il joue un rôle important. Il est
depuis plusieurs années matérialisé par un ordinateur de type Atari,
ou compatible PC, après avoir été une machine à part entière dans
les années 80.
Le cerveau, c'est le séquenceur
Le séquenceur agit comme une sorte de magnétophone multi-pistes,
sauf qu'au lieu de stocker les sons qui forment une mélodie (comme
un enregistrement sur bande magnétique ou sur un CD audio), il stocke
les notes qui composent cette mélodie (il est donc indépendant du
type de synthétiseur utilisé), et il stocke également d'autres paramètres
comme la vélocité utilisée pour chaque note jouée (vélocité = force
employée pour appuyer sur une note).
Grâce à des fonctions dédiées et à un support de stockage (disquette,
disque dur), on peut facilement modifier une mélodie (y insérer
des notes, les recaler dans le temps,...), et on peut demander au
synthétiseur de re-jouer la même mélodie avec n'importe quel autre
son que celui qui a servi à la création de la piste.
En réalité, le séquenceur est connecté via un câble
sur les appareils musicaux, et toutes ces machines communiquent
entre-elles via ce réseau nommé MIDI (norme RS232).
C’est donc un vrai mini réseau informatique, car chaque machine
possède un petit système d’exploitation et utilise un protocole
commun de communication MIDI.
Donc, le séquenceur peut contrôler le synthétiseur, voire le piloter
(remplacer la main du musicien qui enfonce les notes du clavier).
Les informations qui circulent entre les machines sont bi-directionnelles,
et il est possible de jouer un morceau sur le clavier, les notes
correspondantes seront transmises à l’ordinateur qui, via un logiciel
dédié, pourra les stocker en tant que partitions.
Après, il pourra transmettre à son tour les mêmes notes au synthétiseur,
avec les mêmes paramètres utilisés lors de l’enregistrement, ce
qui a l’avantage de conserver un toucher humain. Il ne faut pas
oublier que les premières machines étaient insensibles au toucher
: qu’on eût enfoncé une note avec force ou faiblement,
le son émis était identique dans les deux cas.
| L'Atari était le type d'ordinateur le
plus utilisé comme séquenceur avant la démocratisation
des ordinateurs PC avec Windows.
Tous les éditeurs de logiciels de musique
créaient leurs programmes pour eux, mais maintenant ces mêmes
logiciels sont utilisés principalement sur PC.
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Mon ATARI ST 1024 en 1989
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En fait, on peut également effectuer un parallèle entre les synthés
et les ordinateurs de type PC : leur prix, leur puissance technologique
au cours des années, puisque ce sont des machines à la fois électroniques
et informatiques : les synthés ont aussi leur propre système d’exploitation,
leur(s) disque(s) dur(s), lecteur de disquette, CD-rom, etc.
Le MIDI, coeur de cette électronique
musicale
Le système MIDI (Musical
Instruments Digital Interface - Interface
Numérique pour Instruments de Musique) est en fait un mini réseau
qui relie les appareils entre eux, et ils peuvent ainsi s'échanger
des données comme un son, une intensité de volume sonore,
mais aussi des notes, des accords, etc...).
Quand on dit d’un instrument qu’il est MIDI, cela
signifie qu’il est équipé de cette interface et peut se connecter
au réseau du studio. Lors de la composition, ce sont des notes qui
circulent, et rarement des sons : une guitare MIDI peut ainsi faire
générer des sons de piano ou de batterie !...
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Le câble en rouge montre ici la connexion entre
un des synthés et l’ordinateur. Cette photo est mauvaise ? Et
oui, nous étions là au moins 10 ans avant l'apparition
des numériques... |
Le synthé, un seul appareil pour un
orchestre entier ?
Notion d'appareils multi-timbres
Alors, comment faire du multi-pistes avec un seul synthé ? Un synthé
est dit "multi timbres", ce qui veut dire qu'il peut jouer simultanément
une séquence "A" de notes avec un certain son, et une sequence "B"
avec un autre son.
Cela signifie aussi qu'un seul synthé est capable de générer un
nombre défini de sons différents en même temps. C'est exactement
comme un poste de télévision où on peut regarder plusieurs chaînes
différentes au même moment (elles sont toutes dans des zônes définies
de l'écran).
Donc, est-il possible de n'avoir qu'un seul synthé pour jouer une
musique entière ?
>>> oui, mais la qualité en sortie diminue
avec le nombre de pistes à jouer, ou plus exactement le nombre de
notes jouées à un instant. Voir ci-après :
Notion de polyphonie
Un synthé est limité par sa polyphonie (le nombre total de notes
qui peuvent être émises à un instant "t"). Si la musique entière
joue à plusieurs instants plus de notes que le synthé peut générer,
on perdra des sonorités, et celles jouées seront souvent tronquées.
Si on dit d'un synthé qu'il a 8 notes en polyphonie, cela veut dire
qu'il ne pourra pas sortir plus de 8 notes a un moment donné. Par
exemple, si un accord prend déjà 3 notes, une basse prend 1 note,
il ne reste plus que 4 notes pour gérer les autres pistes, ce qui
est très dur (la solution étant d'avoir plusieurs synthés, mais
à un autre coût).
Fort heureusement, aujourd'hui les machines font en au minimum 32
notes de polyphonie, ce qui permet de jouer quasiment tous les sons
d'une musique complète.
On peut évidemment ajouter d'autres synthés pour ajouter des harmoniques,
afin d'enrichir les sonorités. De plus,un synthé peut être
excellent pour un type de son donné (ex. une basse) et mauvais pour
d'autres sons qu'on veut utiliser dans la même musique. Donc on
utilise autant de synthés que possible.
Les premiers synthés étaient mono-timbres…et monophoniques !
Empilage de synthés - harmoniques
D'ailleurs, on aime faire jouer la même piste par 2 synthés différents
afin d'améliorer les harmoniques d'une séquence. Exactement comme
dans un orchestre où 10 violonistes vont jouer la même partition,
le son final issu des 10 instruments aura plus d'éclat, de brillance
que si un seul violoniste jouait.
Les 2 principaux
types de synthés
Synthétiseur Analogique
Le synthétiseur analogique, le plus vieux (années soixante-dix),
dérive de l'orgue électronique. Il génère des sons grâce à ses composants
internes (filtres, synthèse, etc.) et ces sons peuvent varier du
décollage d'une soucoupe volante à la reproduction d'un instrument
accoustique comme le violon. Dans ce dernier cas, c'est beaucoup
plus dur, mais l'évolution au cours de ces 30 dernières années est
remarquable.
La palette des sons peut être infinie : la limite est fixée par
la technologie du synthé et/ou la créativité de son utilisateur.
Synthétiseur Numérique
Le synthétiseur numérique (début des années 80) a été une véritable
révolution : il utilise des sons numérisés à partir de sons
concrêts, pré-existants : cela peut être des
instruments accoustiques comme une vraie batterie, une guitare,
ou des sonorités enregistrées comme un coup de marteau
sur un tuyau métallique (cf Depeche Mode et son album "Construction
Time Again"), le démarrage d'une voiture, le chant d'un oiseau,
les vagues, bref, aucune limite.
Les composants internes d'un tel instrument permettent d'adapter
la fréquence par rapport à celle de la note jouée (n'oublions pas
que chaque note est définie par une fréquence qui lui est fixe).
La qualité en sortie du son dépend du taux d'échantillonnage et
des divers filtres qui re-travaillent les sonorités.
Au début, on échantillonnait ("samplait" dans le jargon) sur 8 bits,
et pas plus de quelques secondes (cf. échantillonneur "Emulator"
(1) très utilisé par Depeche Mode, et Jean-Michel Jarre dans
Zoolook).
(1) : Voir l'atelier Emu
sur ce site qui aborde les échantillonneurs de la marque
"E-mu Systems".
Avantages des synthés sur les instruments
traditionnels
Gain de place, possibilité d'un instrument unique, possibilité
également d'utiliser des casques pour ne pas déranger ses
voisins, aucune limitation dans la création des sons.
Par contre, autant il est sympa d'apporter une guitare sur la plage,
qu'il est impossible d' y amener un synthé sans un groupe électrogène
plus un ampli...
Les sons d'un synthé vs les
sons d'une carte son de PC
...ou la richesse et la qualité des sonorités. Aujourd'hui, les
cartes son des PCs deviennent de plus en plus performantes, mais
sans vouloir être rabat-joie, je trouve que leur qualité reste à
la hauteur des enceintes d'un ordinateur, et pas plus, et ce qui
est normal vu l’écart de prix : une carte son de 40 € ne peut
pas prétendre atteindre les performances d’un synthé valant 50 fois
plus…
J'utilise la carte son uniquement comme interface de connexion (via
le port joystick) entre l'ordinateur et mes appareils musicaux.
Personne ne me fera croire qu'une carte son de PC est capable de
générer des sonorités avec une chaleur, une
texture que même des gros synthés actuels ont du mal
à reproduire en face de machines analogiques qui ont trente
ans.
Même aujourd'hui mes machines ont entre 10 et 15 ans, et pourtant,
elles génèrent bien ce qu'on appelle "le gros
son"...
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